Les Voyageurs de l'Imaginaire


Un hommage à Pierre Bottero
 
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 Les mystères de l'ombre

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Bluenote
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MessageSujet: Les mystères de l'ombre   Lun 20 Aoû - 23:36

J'ai sept ans. Je cours, je cours. Ma sœur dans mes bras, mon oncle est resté derrière pour les retenir. Je cours. Je cours rejoindre ma mère. Mon père nous tourne le dos je ne sais pas ce qu'il fait, ma mère court vers nous pour m'aider elle prend ma sœur et repart avec moi. On court, De plus en plus vite. J'ai presque l'impression de voler quelque centimètres au dessus du sol. Soudain mon père se retourne, ouvre une porte venue de nulle part et nous crie de rentrer. Je le vois qui jette un regard au loin pour laisser place à une grande tristesse, comme un adieu. Définitif. Est-ce que ça veut dire qu'on ne reverrai jamais tonton ? Je ne sais pas. Je cours. J'entends une explosion derrière moi, puis mon père nous rejoint, me prend sur son dos. Je suis fatigué, je m'endors... comme dans un rêve.

A mon réveil, j'entends de l'eau couler. Nous sommes au milieu d'un forêt, près d'un ruisseau. Ma sœur dort sur un tapis de feuilles, mes parents ne sont pas là... ou alors je ne les vois pas. Je me lève, observe la petit clairière dans laquelle nous sommes installés, puis vais boire au ruisseau. J'ai la bouche sèche. Normal, comment cela pourrait être autrement ? Je n'avais jamais couru autant et aussi vite de ma vie ! Je me relève, pensif, quand une ombre défile à quelques mètres de moi. En un instant, je suis aux aguets, les muscles bandés, près à courir pour attraper ma sœur et fuir à nouveau. Pourtant, je sens que ce n'est pas un danger, quelque chose au fond de moi me dit qu'il ne faut pas fuir, que c'est mon destin qui m'impose cette rencontre. Un mouvement dans les fourrés sur ma droite, je me tourne et... un ours.

Panique. Je tombe à la renverse. Qu'est-ce qu'un ours fait ici ? Dans quel monde avons-nous atterri ? Je ne sais plus quoi faire, lorsque je tente de me relever, l'ours s'approche de moi. Il ne paraît pas menaçant, et pourtant je suis tétanisé. La peur a pris le dessus. Normal, je n'en avais jamais vu avant, ou juste en livre! Qu'est-ce que j'aurais aimé tourner la page pour le faire disparaître ! Mais au lieu de ça l'ours continuait d'avancer vers moi. Soudain, ses contours se troublèrent, se mirent à onduler, jusqu'à laisser place à ma mère. J’écarquille les yeux. Comment était-ce possible ? Je la dévisage, elle me prend dans ses bras. Ça me rassure de sentir sa chaleur, d'entendre son souffle lent et calme, et les battements de son cœur. Je m'apprête à poser tout un tas de question, comme à mon habitude, mais ma mère me stoppe, posant son doigt doucement sur mes lèvres. « Chut. Le moment venu, tu sauras. » Son sourire et sa voix douce et assurée me dissuadèrent de répliquer, d'autant plus que je lisais dans ses yeux une immense tristesse. Mon père arrive de derrière les fourrés, deux gros lapins dans les mains. Nous rejoignons ma sœur, comme un ange sur son nuage de feuilles, et commençons à préparer le repas.


Dernière édition par Bluenote le Mar 18 Nov - 19:45, édité 3 fois
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Bluenote
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MessageSujet: Sirio #001   Mer 22 Aoû - 22:58

Une brise légère... le parfum des pins … l'odeur sucrée des fleurs... le chant des oiseaux... le bruissement des feuilles, des épines...

J'ouvre les yeux. Il est tôt ce matin, le soleil est en train de se lever, l'air est encore frais. Perché à la cime d'un arbre, je contemple le paysage. Le monde s'offre à moi, il est à moi. Ce monde dans lequel j'ai grandi, et qui pourtant ne m'a pas vu naître. Je n'y suis pas né, et pourtant je le trouve si beau, je m'y sens si bien... lui et moi ne faisons qu'un. Cependant, une odeur vient troubler notre symbiose... ma mère est en train de préparer le petit déjeuner. Elle ne va pas tarder à m'appeler pour me dire que c'est prêt, avec son sourire radieux, et la satisfaction des choses bien faites.
« Sirio ! C'est prêt !
- J'arrive, maman ! »
Voilà, je m'appelle Sirio si vous ne l'aviez toujours pas compris (mais si vous lisez ça, c'est que vous êtes des gens intelligents, donc vous aviez deviné, non?). J'ai toujours pensé que les prénoms avaient des conséquences directes sur notre caractère. Moi c'est Sirio, et je suis plutôt renfermé, mais j'aime bien voir des gens quand même parce qu'il faut pas se formaliser. Par contre, j'aime juste les voir, ça me suffit. Leur parler... ben pour quoi faire ? J'ai pas une vie trépidante non plus alors je n'y vois aucune utilité. Et puis j'aime bien garder certaines choses pour moi, même si je me dis que des fois c'est dommage... c'est pas de ma faute si les gens vivent pas au même rythme que moi ! Je dois penser trop vite pour eux à mon avis... et j'ai pas envie de changer, c'est cool la vie que j'ai. Même si elle est pas remplie d'aventure.
C'est le deuxième point de ma personnalité : je pense beaucoup, il se passe tellement de choses dans ma tête qu'il serait difficile pour vous de me suivre toute une journée je pense... sauf si vous êtes comme moi ! D'ailleurs je suis en train de faire exactement le contraire de ce que je dis : je raconte ma vie à tout le monde et n'importe qui ! (c'est vrai quoi, on se connaît pas encore!) Ça doit être l'impression que personne ne m'écoute c'est pour ça. (Ben oui, la meilleure personne à qui parler quand on pense aussi vite que moi ben...c'est moi. Du coup j'ai tendance à parler tout seul, sauf que vous êtes là, on a pas idée de s'immiscer dans les pensées des gens comme ça !)

J'arrive au campement, presque tout le monde est déjà à table, sauf mon père. Je sais pas pourquoi, on dirait qu'il aime arriver en retard pour manger. Il dit que c'est pour voir tout le monde réuni et ne dire bonjour qu'une fois, je reste persuadé que c'est parce qu'il adore embêter maman. Ma sœur a déjà attaqué le pain chaud, ma mère est en train de servir les céréales grillées et les fruits... qu'est-ce qu'elle est belle ma mère. Je comprends que papa soit avec elle ! Pour vous la décrire brièvement, elle a un sourire et des yeux magnifiques. C'est suffisant non ? Selon papa, elle m'a transmit les yeux, ma sœur a pris le sourire. J'arrive pas à distinguer très clairement dans les reflets de l'eau, mais... c'est possible.

« Bonjour tout le monde ! » Voilà mon père. Il est musclé (Normal, c'est un papa!) et a une voix qui porte, qui peut être en même temps très douce. C'est lui qui fait la majeure partie de la chasse pour nous nourrir, des fois je vais l'aider, mais je n'aime pas tuer les animaux, ça tue une partie de moi-même.

Je commence à manger, l'humeur est joyeuse ce matin. Normal, c'est l'anniversaire de ma petite sœur, elle a 13 ans donc on lui a réservé une surprise. (mais ça, même vous vous ne le saurez qu'au dernier moment!) Donc comme toute surprise qui se respecte, on fait comme si de rien n'était. Jusqu'au signal : un petit oiseau que mon père a dressé en cachette arrive, suivi de trois autres. Ils se posent sur la table, et commencent à chanter le fameux air, que nous reprenons tous en cœur. Ma sœur est presque aux larmes. Normal, c'est la première fois qu'on a une aussi bonne idée je trouve, c'est très original. Mais elle n'a pas encore vu le meilleur. Mon père lui fait signe de s'approcher, je les regarde tous les trois, un sourire aux lèvres. Rien ne me rend plus heureux que de voir des proches heureux, c'est incroyable.

Elle s'approche des oiseaux chanteurs, et en l'espace d'un instant, je vois ses yeux s'exorbiter de façon extraordinaire. Ça y est, elle l'a vu : le petit mot accroché à la patte du premier oiseau qui est arrivé. C'est moi qui l'ai fait. J'en suis assez fier d'ailleurs, c'est dur d'écrire tout petit ! Dessus, il y a marqué : « Monte en haut de l'arbre, tu auras une surprise ! » La surprise laisse place à l'excitation, mais cette dernière est vite rattrapée par le doute.
« Sirio, c'est bien toi qui a fait ça n'est-ce pas ?
- En effet oui.
- Monter en haut de l'arbre, d'accord ! Mais on est dans une forêt !
- Ben oui ! Tu croyais pas que j'allais te laisser avoir si facilement ton cadeau quand même ! »
Un sourire se dessine sur les lèvres de ma sœur, et avec un regard empli de détermination, elle commence à grimper le premier arbre qu'elle trouve. Elle est comme ça ma sœur, elle adore les défis. Et moi, en grand pédagogue, j'adore lui en donner.

Elle disparaît vite à la cime des arbres, qu'elle commence à explorer. Pendant ce temps, mon père a renvoyé les oiseaux, en les remerciant grassement d'une poignée de graines, et nous recommençons de manger. Le temps qu'elle trouve, on aura sûrement fini. Mais c'est pas grave, ça nous donnera le temps de nous occuper d'elle.
Seulement, ma sœur est plutôt exceptionnelle, et quelques minutes plus tard, elle est déjà de retour ! Elle s'assoit à table, comme si de rien était et continue son bol.
« Alors, tu as trouvé la surprise ? demande maman.
- Non, mais j'ai faim et je sais que vous allez pas m'attendre, alors je finis mon bol, et j'y retourne ! »
Tout le monde éclate de rire, ma sœur est comme ça, faut pas lui enlever un repas sinon elle s'énerve.
Et à peine quelques minutes plus tard, la voilà repartie. Cette fois elle en aura pour un moment, même si c'est ma sœur. On finit de manger, puis on s'occupe de ranger en attendant qu'elle revienne.

Au bout d'une heure, la revoilà, toute en sueur, mais avec un sourire triomphal, brandissant un grand tube de bois.
« C'est lourd papa, tu aurais pu le creuser un peu plus ton chêne ! »
Mon père ne répondit pas, il avait un grand sourire du genre de ceux qu'il me lançait avant de s'asseoir sur mon dos pendant mes pompes. (Qu'est-ce que je déteste quand il fait ça!) Ma sœur ouvrit le tube, et le vida sur la table. Une vingtaine de flèches en tomba, enroulées dans un papier pour protéger le carquois léger qui les contenait.
« Ne le déchire pas, Hélia. conseilla ma mère.
- Où est l'arc ? » implora-t-elle, après son émerveillement devenu presque habituel et toujours aussi beau à voir.
Personne ne répondit. Alors elle déballa les flèches, et jeta un œil au long parchemin... ou plutôt, à la carte.
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MessageSujet: Sirio #002   Mar 18 Nov - 20:29

 Une carte. Cette fois, c'est ma mère qui a un petit sourire. Elle dessine magnifiquement bien, et si toute la famille n'avait pas mémorisé dès les premiers jours tous les détails du paysage aux cinquante kilomètres alentours, ses talents de cartographe nous auraient été d'une grande aide. Mais à défaut de s'en servir, on les revend, ses cartes. Et à un très bon prix en plus, car même à Al-Far ou Al-Vor, elles se vendent une fortune ! La plupart des caravanes que nous croisons possèdent des cartes signées de sa main... et pourtant, nous menons une vie tranquille, loin du monde, sans même avoir besoin d'argent : on ne s'en sert que pour ce qu'on ne peut pas fabriquer ou trouver par nous même. (C'est fou ce que je parle ! Je suis sûr que vous attendez avec impatience de savoir où est caché cet arc !)
Ma sœur inspecte la carte quelques instants, il ne lui en faut pas plus pour la mémoriser. Je jette un coup d’œil furtif au moment où elle la range, ça me permettra d'aller l'aider si jamais elle fait de mauvaises rencontres... Qu'on soit bien d'accord : quand je parle de mauvaise rencontre, je parle pas des loups ou des ours, ça c'est... pour le petit déjeuner on va dire. Ma sœur n'est pas très forte, mais elle reste capable de combattre un ours. (Avouez : même vous, à treize ans vous le faisiez pas ! J'en suis sûr!) Non, ce qui me fait plus peur, c'est si elle tombe sur des créatures... peu communes. Par exemple, un brûleur ou une goule serait un peu trop pour ma petite sœur, c'est rare mais ça peut arriver. Je n'en ai jamais rencontré rassurez-vous, c'est juste qu'un jour, mes parents m'ont offert une encyclopédie d'un type au nom bizarre... Duom Nil Erg je crois, un nom qui me paraissait bien pâteux, tout à fait adapté au genre de personne que j'imagine écrire ces gros bouquins. (Comprenez bien qu'il n'y a ici aucun jugement de valeur, je suis sur que c'est un type bien ce Do... Dum... ce gars ! Mais il a juste un prénom bizarre, et vous reconnaîtrez qu'il faut rien faire de sa vie pour faire une encyclopédie. Même moi j'ai pas le temps!) Et voilà, je raconte encore ma vie, parce que comme vous êtes dans ma tête, vous suivez tout le déroulement de mes pensées, ça vous demande un temps fou de le lire, alors que moi j'ai mis qu'une fraction de seconde à faire tout ça ! Enfin bref, il faut que je l'accompagne, question de sécurité. Sauf que ça risque d'être plus dur pour moi que pour elle parce qu'elle sera libre et que moi il faudra que je reste à moins d'un kilomètre d'elle sans qu'elle me repère. (Ben oui, je vais pas lui tenir la main non plus!) Et comme c'est ma sœur... ça va être très très dur.
Je lui laisse quelques minutes d'avance, le temps de dire au revoir à mes parents, de prendre quelques affaires (ne vous imaginez pas le sac de montagne hein, quand je dis quelques affaires, c'est mon arc, mes flèches, mon couteau, du pain et un peu d'eau. Rien de plus.) et de mettre mon écharpe légère noire autour de la tête pour me protéger du soleil et des inconnus. Et me voilà parti ! Je vous ai pas dit pourquoi je mettais cette écharpe ? Très honnêtement... je n'en sais rien. Mes parents m'ont toujours dit de la mettre quand je partais. Et puis elle est jolie, confortable, pas trop chaude, pas trop fine... elle est parfaite quoi ! Et j'aime me fondre dans l'ombre des feuillages...
Branche par branche, toujours plus loin, silencieux. Je perçois tous les animaux alentours, les oiseaux, les cerfs, les sangliers... et ma sœur. Je peine à entendre le bruit de ses mouvements, elle est déjà loin, et elle progresse très vite. Malgré tout, je la rattrape petit à petit, ce qui me permet de m'aménager quelques poses pour boire, prendre quelques baies au cas où, et repérer les marques que j'ai laissé au cours de mes aventures.

Deux jours on passés, et ma sœur en est déjà à la moitié de son trajet. Je ne sais pas comment elle se débrouille, mais je devine à son rythme qu'elle est en très bonne santé ! Elle s'est débrouillée pour trouver un lapin, ça lui a permit de tenir jusque là... le seul problème c'est que bientôt on va arriver dans le désert et là on aura plus de nourriture. Ni elle, ni moi. Alors de temps en temps je repère les endroits stratégiques : ruisseaux, étangs, clairière etc. Il faudra que je me fasse un sac pour mettre toutes mes affaires et des provisions, ça évitera les mauvaises surprises. Et puis il faudra bien qu'un jour j'arrête de m'amuser : c'est dans le désert qu'on peut croiser des brûleurs, donc il va falloir que je vole. Oui, je sais voler. Pas vous ? En fait c'est un secret... pour l'instant, peut-être qu'un jour je vous expliquerai, sinon vous attendrez qu'on soit dans le désert !

Ma sœur vient de faire une pause, sage décision. Il ne reste que quelques heures de course avant d'arriver au désert, et il faudra qu'elle se fasse des provisions aussi, donc je vais m'éloigner un peu, histoire qu'elle ne me surprenne pas pendant sa chasse. Le temps de poser un petit campement (sans feu évidemment, sinon elle me repérerait) et la nuit est tombée. La fatigue aussi d'ailleurs, je m'endors vite, les sens aux aguets au cas où une bestiole ait l'idée saugrenue de venir jusque ici.  

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