Les Voyageurs de l'Imaginaire


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 Le Destin du Lilas - Elías

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Lolo
Serviteur de la Dame
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MessageSujet: Le Destin du Lilas - Elías   Jeu 3 Jan - 14:22



Elías - Chapitre I






Béryl remonta le col de sa veste pour protéger son visage du vent glacial qui fouettait ce soir là. Encore quelques minutes et il frapperait à la porte de Katia, son amie d’antan à qui il rendait visite. Cette ermite habitait quelque part au milieu de la Forêt de Barail et il n’y avait absolument rien aux alentours à part des arbres, un ruisseau et quelques animaux égarés. Cet endroit paraissait donc parfait pour elle, mais un peu moins pour lui. Effectivement la seule porte du coin se trouvait à environ trois kilomètres de là et avec le mètre de neige qui était tombé, il n’avançait que lentement. En temps normal, elle serait venue le récupérer avec son traineau tiré par ses chiens-loups, mais la femelle avait mis bas il y a à peine deux ou trois semaines, impossible donc de la séparer de ses petits chiots. Katia était véritablement amoureuse de ses chiens, elle en parlait comme des ses enfants. « Mes bébés ! », les appelait-elle tout le temps. Le souvenir de leur dernière conversation lui décrocha un sourire, qui en revanche se transforma rapidement en grimace due au froid qui lui avait figé le visage. Abandonnant l’idée de sourire, il continua à suivre le nord en hâtant le pas. D’habitude il appréciait la petite promenade qu’il faisait régulièrement depuis plus de vingt ans de la porte jusqu’à l’humble demeure de Katia, mais aujourd’hui avec les prévisions météorologiques qui s’étaient avérées exactes pour une fois, le trajet était particulièrement pénible, surtout à pied !
Après avoir passé, lui semblait-il, une éternité à se battre contre le froid et à s’enfoncer jusqu’au genou dans la poudreuse, il discerna enfin la fumée témoignant de la belle flambée qui l’attendait. Il hâta encore davantage le pas, soudain motivé par la délicieuse odeur de ragout qui flottait à présent dans l’air. Arrivé à la porte il frappa trois fois par coutume, puis un mouvement à l’intérieur de la maisonnette lui appris qu’on venait lui ouvrir. Après un léger grincement de la porte mal huilée, un sourire fendit son visage lorsqu’il aperçut enfin la magnifique Katia, son chien remuant la queue à ses pieds.

« Te voilà enfin ! », l’accueillit-elle en lui rendant son sourire. « Pile à l’heure, le dîner sera près dans cinq minutes ! Entre, que la chaleur reste à l’intérieur ! Viens t’asseoir près du feu, tu dois être frigorifié ! Sacré temps quand même… Tu as fait bon voyage ? Je suis vraiment désolée encore de ne pas avoir pu te récupérer comme d’habitude, mais regarde comme ils sont beaux mes bébés ! Mais ils n’ont vraiment pas eu de chance ses loulous de naître quand il fait si froid, même si c’est dans leur nature d’aimer la neige. Enfin heureusement que… » Béryl obéit tout en gardant son sourire, il était très heureux de la revoir ! Elle n’avait pas changé, comme d’habitude elle ne lui laissait aucun temps pour en placer une. Il se contenta donc de faire ce qu’elle lui disait et il prit plaisir à l’écouter parler tout en hochant occasionnellement de la tête en signe d’approbation. Alors qu’elle s’agitait de part et d’autre de la pièce pour mettre la table, surveiller le repas, donner des ordres auxquelles elle obéissait toute seule et tout cela sans jamais arrêter de parler et raconter, Béryl prit un moment pour la dévisager. Katia n’était pas spécialement grande, mais sa petite taille lui donnait un air coquin. Elle avait des formes très féminines et sa corpulence reflétait sa flemmardise à se laisser conduire par son traineau et ses chiens partout où elle allait. Sur ce point elle n’avait vraiment pas changée, mais alors qu’autrefois lorsqu’il l’avait rencontrée elle portait ses cheveux longs et toujours attachés, elle les préférait aujourd’hui court ce qui laissait ses boucles entourer sa tête comme une auréole dorée. Le jour où ils s’étaient rencontrés… Ce souvenir lui arrachait toujours un sourire, comment pourrait-il l’oublier ? Ce fut il y a une vingtaine d’années, alors qu’il entreprit pour la première fois de partir à la découverte des différentes portes de ce monde magique qu’est Gwendalavir, que leurs chemins se croisèrent pour la première fois. En découvrant celle dont il faisait usage à chaque fois qu’il venait la voir, il l’avait aperçue au détour d’un arbre, assise sur un caillou les bras croisés, un chien de chaque côté, couché sur le sol, et le traineau renversé derrière elle. Il était tout de suite tombé sous le charme de ses cheveux ébouriffés et ses pommettes rougies par l’effort qu’elle avait dû fournir pour essayer vainement de remettre son traineau à l’endroit. Il s’était alors doucement approché pour proposer son aide et ensemble, ils avaient pu soulever l’engin et le réparer de manière provisoire, pour qu’elle puisse rentrer chez elle. Elle l’avait alors invité à déjeuner pour le remercier et cet après-midi là, était née une des plus belles amitiés. Ils avaient rit pendant des heures, en se parlant des merveilles du monde tout comme des bêtises de chacun, se racontant des périples, des aventures jamais vécues et des rêves qu’ils voulaient encore réaliser. Il lui avait décrit le fils qu’il souhaitait un jour avoir et elle lui avait raconté les merveilles d’une vie de solitude au milieu d’un bois. Depuis, il venait lui rendre visite aussi souvent que ses multiples voyages professionnels le lui permettaient et le reste du temps, ils communiquaient grâce à des conversations télépathiques plus ou moins courte, suivant l’énergie de son amie pour maintenir le lien avec les spires. Les spires… Quel drôle d’endroit que cette Imagination ! Alors qu’elle avait trouvé fascinant son Don de trouver des portes qui mènent d’un monde ou endroit à l’autre, lui ne se lassait jamais des petites démonstrations de dessin qu’elle daignait parfois faire pour son plus grand plaisir. Rien que la possibilité de communiquer par son esprit l’avait laissé bouche-bé. Béryl s’ébroua en se rendant compte que son esprit se perdait un peu trop, il écoutait à peine son amie ! Non pas qu’elle puisse s’en rendre compte, puisqu’avec ou sans réponse elle poursuivait quand même son flot de mot, imperturbable, mais la voilà qui commençait de nouveau à parler de ses chiens et ce sujet la passionnait tellement que ses petits yeux verts brillaient d’un nouvel éclat et il aimait la regarder parler ainsi. Son regard se posa alors sur la magnifique chienne allongée sur sa couverture avec les sept petits chiots issus de sa portée en train de dormir. Ils étaient magnifiques et dormaient si paisiblement ! Le papa en revanche s’était rapidement désintéressé de sa petite famille et suivait plutôt sa maitresse dans l’espoir de récolter un petit morceau de viande. « Huit petits bébés m’a-t’elle offert, tu te rends compte ! Je suis une maman comblée », l’entendait-il raconter. Béryl marqua un temps d’hésitation. Huit ? Il n’en avait pourtant compté que sept ! Il avait dû mal compter, des nouveau-nés ne commençaient à s’éloigner de leur mère que bien plus tard. Il se dépêcha néanmoins d’à nouveau les balayer du regard. Sept. « Katia ! Où est donc le huitième ? Je n’en compte que… » Il ne parvint pas à finir sa phrase, une énorme bourrasque de vent s’abattit sur la maison propulsant la porte qui claqua contre le mur. Ce fut l’instant précis que le petit huitième choisi pour réapparaître et disparaitre aussitôt dans la tempête de neige à l’extérieur. « Non, reviens ! » Béryl n’hésita pas un instant et se jeta à sa poursuite. Dehors il faisait encore plus froid qu’avant et il n’avait pas pris le temps de mettre son manteau. La tempête rugissait autour de lui ne le laissant pas voir à plus d’un mètre, ses mains étaient gelées, la neige et le vent lui cinglaient le visage. Il avançait avec peine, ne sachant pas trop dans quelle direction le petit s’était enfui, mais il ne pouvait pas être bien loin ! Il scruta les environs, un arbre, puis un autre, une branche cassée au sol… D’un coup, un glapissement. Béryl se précipita dans la direction d’où semblait provenir le son en espérant que la neige n’effacerait pas ses traces pour qu’il retrouve la maison. Un nouveau glapissement, tout près cette fois, sur sa droite. Béryl fonça en suivant les petites traces de pattes encore visibles dans la neige et aperçu une silhouette couchée parterre, à moitié ensevelie par la neige et le petit chiot assis à côté en train la lécher. Qu’est ce que cela pouvait bien être ? Il s’approcha davantage, s’accroupit à coté de l’ombre sur le sol et reconnu une silhouette humaine. Béryl ramassa le chiot ainsi que le malheureux qui se trouvait là et entreprit de retourner chez Katia. Ses membres engourdis lui faisaient mal et il peinait à transporter son fardeau, ne sachant même pas s’il était encore vivant ou déjà mort de froid. Il ne se souvenait que vaguement de la direction qu’il avait prise, difficile de s’orienter quand autour de soi un arbre est identique à un autre et évidemment le vent et la neige avaient fait leur travail de nettoyage. Il avança donc tant bien que mal, priant pour qu’il y parvienne à temps et avant de s’écrouler lui même. C’est alors qu’il entendit la voix de Katia l’appeler, miracle elle était toute proche ! Par un dernier effort de volonté, il se rua en direction de la voix et laissa s’échapper un soupir de soulagement, lorsqu’enfin il se retrouva nez à nez avec elle. « Enfin tu es là ! J’avais peur que tu ne retrouves plus la maison, perdre un chiot aurait été suffisamment dur, mais te perdre toi je ne sais pas ce que j’aurai fait ! Qui m’as-tu rapporté là ? » Béryl n’avait pas la force de répondre, il se contenta donc de hausser les épaules et retrouver rapidement la chaleur accueillante de la cabane.

Ils avaient mangé en silence, d’une part pour ne pas réveiller l’adolescent qui dormait dans la pièce d’à côté et d’autre part, parce que Béryl était devenu très pensif depuis qu’il l’avait trouvé. Il pensait sans cesse au garçon dont il avait toujours rêvé d’avoir en tant que fils et qui aujourd’hui semblait lui être tombé dans les bras. Une fois rentrés dans la cabane, ils s’étaient immédiatement acquittés de la tâche de le déshabiller pour sécher ses vêtements trempés et pour le réchauffer en l’entourant de toutes les couvertures qu’ils avaient pu trouver. Malgré tous leurs efforts, le gamin ne s’était pas réveillé, toujours inconscient seule sa respiration prouvait qu’il était encore vivant. Ils ne pouvaient rien faire d’autre qu’attendre, mais Béryl repassait mentalement toutes les questions qui le préoccupaient. Qui était-il ? Pourquoi avait-il trainé seul au milieu de la forêt alors qu’une tempête de neige s’annonçait ? Quel âge avait-il et où diable étaient ses parents ? Béryl avait pris le temps de rapidement scruter les environs avant de repartir, mais aussi loin qu’il avait pu voir, il n’y avait rien d’autre à cet endroit là. Et puis venaient les questions plus importantes. Pourquoi le petit chiot avait-il pris la fuite et pourquoi était-il resté assis à côté du gamin ? Avait-il ressenti sa présence ? Tant de questions se bousculaient dans sa tête, mais il devrait attendre que l’enfant se réveille pour obtenir quelques réponses. Le silence qui pesait sur eux témoignait déjà à lui seul de leur inquiétude. Jamais encore il n’avait connu son amie en train de se taire pendant plus d’une minute, mais elle n’avait pas soufflé mot depuis le début du repas. C’est lui qui choisit finalement de briser ce silence.

« Cela te dérange-t-il si je reste ici quelques jours, au moins jusqu’à ce que le bambin aille mieux et puisse nous expliquer ce qu’il faisait dehors par un temps pareil ?
- Non, bien sûr que non ! Tu sais que tu es toujours le bienvenu ici et toujours bienvenu à rester aussi longtemps que tu le souhaites. Tu sais, je n’ignore pas ce qui se trame dans ta tête en ce moment. Je me souviens parfaitement de la description que tu faisais du fils de tes rêves et il n’est pas difficile à deviner que le garçon qui couche dans la chambre d’amis actuellement y ressemble mot pour mot.
- C’est vrai, l’image dans ma tête, c’est exactement lui et je dois avouer que je suis plutôt troublé de son apparition, mais ce gamin a forcément des parents. Dès qu’il se réveillera, il voudra repartir et rentrer chez lui. Toute cette situation est bizarre et inexplicable pour le moment. Tout ce que je sais, c’est que nous devons le soigner et puis l’aider a retrouvé sa maison… »

La mine déconfite de son amie lui appris qu’elle ne savait pas quoi lui répondre, encore un signe témoignant d’une situation qu’elle ne maitrisait visiblement pas. Elle haïssait ne pas être maître de la situation, c’était pour cela qu’elle avait choisi la solitude plutôt que la vie en ville. Là bas les gens étaient si imprévisibles qu’elle n’était jamais à l’abri d’une situation inattendue. Ici, au milieu de la forêt et entourée uniquement des ses chiens, elle pouvait tranquillement vivre son quotidien sans se préoccuper de qui que ce soit d’autre, jusqu’à aujourd’hui. L’intrusion de cet inconnu la mettait aussi mal à l’aise que triste. Ils débarrassèrent la table en silence et après avoir jeté un dernier coup d’œil à leur protégé toujours inconscient, ils ne tardèrent pas à se coucher. Au bout d’une heure à se tourner et se retourner dans tous les sens, Béryl sombra finalement dans un sommeil agité.

Le lendemain matin, il se réveilla peu reposé, mais il se leva néanmoins tout de suite du canapé pour aller voir l’adolescent. Il entra dans la chambre d’amis et fut surpris d’apercevoir Katia déjà penchée sur lui en train de panser une blessure. En entendant la porte grincer, elle se retourna pour lui faire face et lui lança un petit sourire qui sous-entendait qu’elle non plus n’avait pas réussi à dormir. Puis elle lui décrivit son diagnostic. « Nous n’avons pas vraiment pris la peine hier soir de l’examiner de plus près, mais en rentrant dans sa chambre aujourd’hui j’ai tout de suite remarqué la tache de sang sur l’oreiller, j’ai donc commencé à le soigner sans plus attendre. Effectivement il a dû sérieusement se cogner la tête dans une chute, il a une grosse bosse qui a également abondamment saignée, typique des blessures à la tête. Nous ne l’avons pas vu hier soir, parce que le froid l’avait anesthésiée et empêché le sang de couler, la flaque de sang à l’endroit où il était couché avait également sûrement déjà été recouverte par de la neige le temps que tu arrives, raison pour laquelle tu n’as pas pu la voir. A part cela, il n’a rien de grave, mais il est un peu fiévreux, nous allons devoir régulièrement changer ses compresses et appliquer de l’eau froide pour le ramener à une température normale. J’ignore combien de temps il restera inconscient, mais s’il n’a pas subit d’hémorragie interne, ni de dommage trop important au niveau du crâne, il devrait se réveiller au mieux avec un sérieux mal de tête, au pire avec une perte partielle ou entière de sa mémoire. » Katia s’était exprimée sur le ton détaché d’une personne qui s’y connait et qui affirme des certitudes, mais Béryl savait que le sort du gamin l’inquiétait autant que lui. Il hocha la tête gravement, croisant intérieurement des doigts pour que l’enfant se réveille sans se souvenir de ses origines. Katia s’y connaissait bien en termes de médecine, pour avoir bénéficié d’un apprentissage auprès d’un Rêveur, son père. Si elle suggérait que l’enfant pourrait avoir subit une perte de mémoire, c’est que les chances étaient très importantes. Pourrait-il alors le convaincre qu’il est son père ? Non, non impossible, il ne pouvait pas faire cela, construire une relation sur un mensonge était la pire idée qu’il n’ait jamais eue ! Après tout, le plus important était la confiance. S’il voulait un fils, il n’avait qu’à se trouver une femme, en tomber amoureux et en faire un. Il chassa ces pensées de sa tête pour revenir à la réalité.
Ils passèrent plus d'une semaine à le soigner, alternant les veillées. Chacun leur tour ils passaient quatre heures à son chevet pour surveiller son réveil, qui ne semblait pourtant toujours pas vouloir venir. Ils s'appliquaient à panser tant bien que mal la blessure à sa tête et appliquaient sans cesse des serviettes imbibées d'eau froide sur son front pour diminuer la fièvre.
Pendant tout ce temps, le petit chiot qui s'était enfuis pour le retrouver ne l'avait pas quitté. Ils avaient même été obligés de traire la mère pour lui préparer un biberon et pouvoir le nourrir, car il refusait catégoriquement de s'éloigner. Katia était particulièrement émue par le comportement de son « petit bébé » et appréciait l'élan d'amour que cela témoignait. Béryl, lui, n'avait d'yeux que pour l'endormi. Il était si parfait... Malgré son jeune âge, il était déjà grand et paraissait bien bâti. Ses cheveux étaient noirs, lisses et courts. Il avait des traits fins, et un visage encore un peu enfantin, il ne devait pas avoir plus de quinze ans. Il avait une cicatrice sur le bras droit, Béryl l’avait remarqué pour sa forme particulière, il ignorait comment il avait pu se l’infliger, mais elle ressemblait de manière non méconnaissable à une fleur de lilas. Béryl avait sourit, le Destin jouait à de drôles de jeu, mais cela faisait un drôle d’hasard que la cicatrice de l’enfant ressemble à sa fleur préférée ! Tout prêtait à croire que son rêve et désir le plus cher lui était tombé dans les bras, comme ça.
Katia était demeurée très silencieuse depuis son arrivée et Béryl ne l’incitait pas à parler. Ils passèrent leurs journées à s’occuper de leur petit protégé et tuer le temps en s’acquittant de quelques tâches ménagères. Une fois la tempête passée, Béryl était retourné à l’endroit où ils l’avaient trouvé pour voir s’il n’avait pas laissé tomber un sac ou des affaires quelconques, mais il n’avait rien pu trouver. Si jamais il avait pris quelques affaires, elles avaient disparus ou bien avaient fini ensevelis sous la neige, et Béryl n’allait pas creuser toute la forêt à la recherche de quelque chose dont il ignorait l’existence. Il était donc retourné au chalet bredouille. Les journées passèrent, sans qu'il ne sache comment s'occuper et sans que Katia ne prononce un mot.

Ce ne fut que le matin du neuvième jour que leur petit protégé ouvrit enfin les yeux pour la première fois. Béryl était en train de changer ses compresses, lorsqu’il l’entendit prononcer un faible « Papa ? Où suis-je… » « En sécurité », lui avait-il alors répondu. « Quel est ton nom mon enfant ? » « Elías… » Sa réponse n’avait pas été plus qu’un souffle et il avait aussitôt refermé les yeux pour s’évanouir une nouvelle fois, comme si cet échange lui avait déjà demandé un effort trop important. Néanmoins Béryl avait eu le temps de noter la couleur extraordinaire de ses yeux. Ils étaient d'un bleu profond comme il n'en avait encore jamais vu auparavant le laissèrent. Il déposa sur lui un regard empli de tendresse, puis abandonna sa tâche pour rejoindre Katia dans la cuisine.

Il la trouva en train de déposer des petits gâteaux fraichement sorti du four sur une petite assiette et vis deux tasses de thé posées sur la table. En l’entendant arriver elle se retourna pour lui faire face « assieds-toi. », lui ordonna t’elle. Il obéit, un peu surpris par le ton qu’elle avait pris. Il attendit qu’elle finisse ce qu’elle était en train de faire, puis elle s’assit en face de lui et posa sur lui son regard smaragdin. « Cet enfant, il… cela fait longtemps qu’il n’est plus complètement inconscient. Non effectivement, il serait plus adapté de dire qu’il, eh bien, qu’il dort. Oui c’est cela, il est plongé dans un profond sommeil dont il ne semble pas vouloir se réveiller, pas encore. Tu sais que je suis curieuse et, bien que mon pouvoir de Dessin est très limité, j’ai réussi à établir une certaine connexion avec lui, voir la même chose que lui, écouter ses penser et observer ses rêves. Je n’ai pas voulu y croire d’abord, mais j’ai entendu comment il t’a appelé tout à l’heure et à présent je ne peux plus en douter. Il rêve de toi. Comme s’il était en train de se créer des souvenirs avec toi, comme s’il se persuadait que tu es son vrai père. Je n’ai jamais encore vue pareil phénomène, mais c’est indéniable. Alors voilà… » Son cœur cessa de battre un instant, essayant tant bien que mal d’assimiler cette nouvelle. Elle se tue pour le fixer droit dans les yeux pendant une minute qui lui parut comme une éternité, puis prononça les mots qui changeront à jamais le court de sa vie : « Je vais t’aider. »

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